LA RUTA DEL CHE, LA HIGUERA ET VALLE GRANDE, BOLIVIA

16/12/2011 - Pays : Bolivie - Imprimer ce message

Nous quittons la richissime Santa Cruz, ville enrichie par le narco trafic dominant, contrastant avec toutes les villes boliviennes et où tout est possible partons sur les traces du Che dans une région oubliée dont les paysages et la nature sont surprenants et inoubliables : les plaines de l’est de la Bolivie. Après six heures de route de Santa Cruz á Vallegrande (50 BOL), nous arrivons dans la ville où après une vie mouvementée de guérillero révolutionnaire, Ernesto Guevara est abattu par l’armée bolivienne en 1967.

La petite ville Vallegrande, á 2 100 mètres d’altitude, est tristement connue pour être la ville où le corps du Che fut exposé avant son inhumation au sein de l’hôpital Señor de Malta, á la célèbre Lavanderia. A proximité s’y trouve l’aérodrome où en 1999 fut retrouvé le corps du guérillero malgré l’animosité des habitants, déterré et envoyé á Cuba où il repose aujourd’hui. Nous y passons tranquillement la soirée au sein de la résidence aérée Vallegrande prés de la place avant de repartir le lendemain matin direction La Higuera. -

De Vallegrande á la Higuera Chanceux, vers 6h30 du matin alors que nous attendons un rare camion prés de la chapelle afin de parcourir les trois heures de route jusqu’au petit village de la Higuera, un villageois qui retourne au village, nous prendrons dans sa voiture pour une modique somme (30 BOL par personne) et nous déposera une heure de marche avant le village. Nous arrivons donc á proximité des maquis impénétrables des confins orientaux des Andes, où le Commandante et sa petite équipe de partisans étaient acculées avant sa capture. Puis quelques pas plus tard, nous arrivons sur la petite place du village poussiéreux où le buste du Che trône entouré de façades de maisons délabrées avec des inscriptions du Che : « Tu Vives por siempre Che Commandante Amigo », « Prefiero morir de pie, a vivir Arrodillado », « Seamos realista y hagamos la imposible »… Petite visite de l’école où le Che fut exécuté reconverti en petit musée avec quelques photos. Puis, nous nous installons á la posada du Télégraphista où nous resterons quelques temps car le village est paisible, le paysage montagneux extraordinaire et l’accueil extrêmement riche.

Sur les traces du Che, un treck inoubliable Nous partons donc pour trois jours de treck inoubliables avec David, le fils de Juan qui possède « la posada Telegrafista » á travers les différents campements du Che et de ses 16 équipiers, les campements de la garde Bolivienne et de la CIA qui l’ont pourchassé jusqu'à sa mort en suivant étape par étape le journal du Che. Quête rendu possible grâce á dix années de recherche de Juan, amoureux de la nature et du Che.

J 1

  A la suite d’une descente de 1000 mètres, nous avons rejoint le Rio grande, quelques douches sous les cascades bénites car la chaleur nous assommait, nous arrivons á notre premier campement après une succession de paysages magnifiques : aridité de la montagne puis paysages rocheux du canyon du rio grande. Petite soirée au coin du feu avec une tarentule poilue géante qui se pose sur mon pied et un serpent qui se faufile quelques minutes plus tard sous mes yeux, et des rochers qui se fracassent lourdement sur le chemin que nous avons emprunté, de quoi me relaxer avant une douce nuit bercée par la nature. Nuit agitée pour ma part, car au fond de mon hamac, les bruits d’animaux descendant la montagne se succédaient mais se sont ralentis grâce au grand feu effectué par David afin de les éloigner. Cela pourrait être des vaches ou des sangliers ce qui ne doit pas beaucoup m’effrayer mais étant donné que les pumas rodent et font quelques massacres dans les villages, le doute subsiste.

J+2

Réveil dans un paysage de rêves, petit déjeuner, puis nous nous préparons á quitté le campement. Les vaches commencent á s’agglutiner á nos côtés car nous nous situons sur le passage qui leurs permettent de rejoindre le Rio asséché, quelques mètres plus bas. Un petit veau a le cou ensanglanté et une vache a une oreille pendante et une corne manquante. Cela laisse présager que la nuit n’a pas était aussi calme pour elles. Me voilà peu rassurée. A la suite d’une ascension sous des bruits de tonnerre et des nuages menaçants qui doivent alimenter largement en pluie le sommet de la vallée, nous nous rendons dans l’un des campements du Che á proximité du campement de l’armée bolivienne qui les traquait. Finalement, l’averse nous rattrape quelques minutes où David installe une bâche qui nous gardera au sec. Nous repartons finalement á travers le canyon en escaladant les énormes roches qui nous barrent le trajet. Puis, nous entendons comme un bruit d’eau en provenance d’une cascade, en fait ce sont un mètre d’eau boueuse qui dévale la vallée. Coincés dans le canyon avec des parois en roche friable, nous cherchons comment nous en échapper. Suspendus sur le côté, nous voyons alors la vague déferler. Nous poursuivons donc notre chemin au mieux en escaladons les parois rocheuses et traversant le rio très agité. Bienheureux, nous arrivons au campement pour la nuit où nous cuisinerons avec de l’eau boueuse filtrée au mieux.

J+3

Dernier jour de la route du Che, toujours aussi ensoleillée. Nous continuons á escalader nos rochers durant la journée jusqu'à notre arrivée en milieu d’après midi á la quebrada del churro, á travers un paysage de conquête de l’ouest. C’est á cet endroit que l’armée bolivienne a tendu une embuscade et capturé le célèbre révolutionnaire. Nous arrivons vers 18 heures á la posada enjoués par notre aventure.

Direction Sucre 30/12/2011 Le village de Pucarra

Après quelques faux départ et notamment celui où mon passeport avait disparu, nous embarquons dans la voiture de Juan direction le petit village suivant : « Pucarra » où nous devons attraper un bus direction Ceranos puis Sucre. Nous attendons donc sur la place de ce petit village réputé pour « l’endroit où il n’y a rien » après un bus qui doit passer d’ici une heure. Finalement trente heures plus tard, nous montons á bord du fameux bus direction Ceranos en compagnie d’un espagnol d’une soixantaine d’année aussi stupéfait de nous de cette attente interminable.

Le village de Ceranos Nous arrivons donc á Ceranos quatre plus tard vers midi pour reprendre un bus vers cinq heures avec une arrivée prévue á Sucre vers 21 heures. La pluie aidant, le bus tombe dans chacun des fossés de la route. Ou á chaque fois, nous redescendons pour avancer durant la nuit devant, derrière et finalement parcourir la quasi-totalité de la nuit le chemin á pied tandis que les bolivianos assistait le bus á chaque passage en mettant des rochers, le tirant á la corde et j’en passe sous la pluie, la nuit puis le lever du jour. Quatre heures de bus, ce sont alors transformées en 17 heures de tractage pour enfin arriver á Sucre.

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